28 mai 2008

Le charme, une recherche oedipienne ?

Je n’ai pas écris depuis longtemps ; je n’en sentais pas l’utilité. Mais ce fragment d’écriture me permet de garder une forme de contact avec certaines personnes (n’est-ce pas Serge), et, depuis quelque temps, je m’essaye à l’écriture sans toutefois y parvenir. Est-ce parce que l’été égaye mes soirées ? N’ai-je que du trivial à partager ? C’est un conglomérat de tout ça. Rajoutons-y de la remise en question saupoudrée de doute et vous aurez un aperçu de ma vie. Mais je suis loin d’une entité à plaindre. Alors je partagerai ici de l’inutilité artistiquement littéraire pour le grand plaisir du néant et du bon Lord Henry Wotton.

 

« Tu es très beau, tu sens très bon »

Mieux vaut-il être beau ou charmant ? Mieux vaut-il être belle ou charmante ? Le charme dure plus longtemps, tout comme l’intelligence. Le charme que l’on trouve chez une personne est totalement personnel. Tout comme la déception.  Le charme est la qualité de quelqu’un (ou de quelque chose) qui plaît. Ce plaisir est unique, non pas à la personne mais au regardeur. Vous pouvez être touché par le sourire de Mona Lisa tandis que je peux être émerveillé par son menton finement ciselé dans la coupe d’un rondin de boulot. Sachant que la première névrose est l’Œdipe, le charme ne serait-il pas une recherche œdipienne ?

Je m’explique : sachant que c’est une recherche personnelle dans ce qui plaît chez autrui, ne serait-elle pas une recherche du père ou de la mère. Un flashback physique.

 

« Ta vie, c’est du sopalin. Quand on frotte, tu t’effrites »

Allons bon mes amis, je saute du coq à l’âne en oubliant le porc. Poster m’ennuie, j’aimerais pouvoir écrire. Et pour se faire, on attend « l’inspiration ». Elle n’existe pas cette muse, l’inspiration est une belle salope qui ne se mate qu’avec du travail. Être passif, c’est le début de la contemplation. La contemplation, c’est le début de la bêtise. La bêtise, c’est le début de la passivité. J’ouvre ma bouche et baille. Un zeugme pour le plaisir de mon professeur. Début d’une séance d’UV avec comme soleil la volonté d’unicité : Est-ce en se sentant différent qu’on le devient ou est-ce en le voulant ?

Je digresse et me verse ; je m’étale en un point.

20 mars 2008

Ni hilo you

"Ferme les yeux, ouvre la bouche"
Dicton populaire


C'est étrange cette sensation de se retrouver avec la seule envie d'être face à un stylo, une page vierge et des images. Juste l'envie de créer ces images par le crissement de la plume.
Habituellement, la page ex nihilo de Word sert de réceptacle à ces pulsions. Je n'en avais plus. Pourquoi aujourd'hui ? Aucune idée. L'ordinateur ne guide pas ma main. Il me formalise. Trop de bruit, trop de rien, trop de médiateur. Peur importe le support tant qu'il y a l'esprit. C'est vrai. Mais le contexte implique plus qu'une idée.

Aujourd'hui, je retrouve une fièvre. C'est à cause de la nuit. Ou du printemps.
Oui, c'est ça. Ce doit être à cause du printemps.

16 mars 2008

Elle me regarde avec sa fleur de lys

J'ai peur. C'est quand même étrange cette sensation qui m'a pris aux tripes. Pourtant, je m'y suis préparé, pourtant je n'ai jamais eu peur. Peut-être parce que je n'avais pas d'images à accrocher au mur de mes songes. Ce sont mes rêves et cette série documentaire qui m'ont fait naître une boule au creux de mon bide. J'irai dormir chez vous au Québec. Si j'avais vu venir la claque, j'aurai essayé de l'éviter.

Elle est légitime cette sensation.
Sûrement.

Montréal, ouvre moi les portes de ton université. Je n'arrive pas tout seul ! J'arrive avec la peur.

Tu ne la connais pas petite ? Sois sage et ferme les yeux... voilà...

13 mars 2008

Eux, ces sublimes

"I read once about a woman whose secret fantasy was to have an affair with an artist. She thought he would really see her. He would see every curve, every line, every indentation and love them because they were part of the beauty that made her unique"*.
Sean Willis - Cashback


Il y a certaines choses qui m’ont toujours profondément attristé : les handicapés mentaux et moteurs, ainsi que les « défigurés ». Une de mes amies peut témoigner de mon extrême sensibilité sur ces visages (elle se reconnaîtra). Car ce n’est pas le handicap qui me perce à nu, c’est le visage. Cet amas de peau sur plusieurs os, qui forme notre identité, notre humanité et notre place dans la société. Notre représentation.

Les handicapés moteurs sont ceux qui me troublent le moins. C’est derrière, rarement, le rire que je me cache pour éviter de sangloter. C’est la manière la plus commune de cacher un mal derrière son extrême. Certes, vous pouvez me rétorquer que c’est une mauvaise cachette car eux ressentent le rire, mais c’est un bien pour moi. Et je me choisis avant eux afin de ne pas me rompre un équilibre. Ce qui m’attriste, c’est une ruine de leur univers physique. Ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent, et ça se transfigure sur leur visage, et particulièrement, leur regard. Cependant, il demeure une certaine vanité ou un certain défi face à ce qu’ils nomment « leur différence ». Aujourd’hui, être handicapé moteur est quasiment rentré dans la norme. Surtout de part ce désir insatiable « d’être comme vous, pas moins ». Le regard de l’autre est moins « assassin » car l’handicap moteur est plus souvent exposé, ce qui le normalise.

Les « défigurés » arrivent bien après ce handicap. Leur regard est aussi défigurée que leur identité. Ils ont conscience du regard de l’autre, de la pitié, l’étonnement ou la surprise. Ils s’en rendent compte qu’ils ne sont plus comme les autres et qu’ils ont perdu une partie d’eux-mêmes. Cette partie, c’est leur identité. C’est l’autre qui les place dans la société et le miroir, c’est le regard de soi dans le reflet de l’autre. Ils me fendent le cœur. Pas de pitié, pas de bêtises, seulement le souffle coupé et les larmes au coin des yeux. Leur vie est sur une lame, je le sens. C’est comme se retrouver face au sublime, pas besoin de mots, pas besoin de crédit. On sait. Je sais.

Les handicapés mentaux me possèdent, me hantent. Mais ceux qui me touchent le plus sont les autistes. Pas tous ne me tordent le cœur, mais certains le font avec tant d’innocence, qu’ils font vaciller mes capteurs de sensibilités. Tout est brouillé, un rien me fait pleurer. Par exemple, je ne peux pas voir plus de 5min d’une émission traitant de ses maladies sans fondre en larme. C’est un besoin plutôt que la paralysie psychologique. C’est leur regard qui me trouble. Ce regard d’innocence mêlé de joie et de tristesse. Un océan du vide. Tout s’entremêle pour ne laisser qu’un chaos du développement psychologique. Ils sont des enfants déconstruits. Ils ne sont rien. Et pourtant tout. Un de leur regard me bouscule pour une journée entière. Il me hante. Comme leur silence enveloppe leur prison.

Ils m’ont toujours fait écrire.
Une source d’inspiration chaotique.
Mon empathie peut-être ou ma sensibilité me font entrapercevoir le sublime, sans pour autant qu’il me subjugue. Il me laisse simplement la photographie de leur vie sur un visage. Une peinture incroyable d'une vie qu'ils auraient aimé éviter.



*"Une fois, j'ai lu une histoire sur une femme qui désirait avoir secrètement une aventure avec un artiste. Elle pensait qu'il la verrait vraiment, qu'il verrait chaque courbe, chaque ligne, chaque creux. Et qu'ils les aimeraient parce qu'ils faisaient parti de cette beauté qui la rendait unique".
Sean Willis -Cashback

12 mars 2008

La bêtise est française

Hier, je regardais France 2, et plus particulièrement l'émission de Laurent Ruquier on a pas tout dit. Il y était invité un certain M. X, qui a porté plainte contre Carrefour après avoir croqué dans une saucisse et s'être cassé une dent sur un caillou. Il est défendu par M. Ludot. Ce même monsieur en charge du dossier glissant de Mme Nicole Borgnon, cette dernière avait glissé sur une frite (chaine de fast-food Quick) et s'était cassé les genoux. Elle avait porté plainte contre le restaurant.

Ce qui est effarouchant, sont les différentes Unes qui sévissent en assignant ce client de saucisse au même cas désespéré de Mme Frite. Dans un cas, c'est perdu d'avance car c'est d'une bêtise inconcevable, et si toutefois elle gagne le procès, elle perdra la face (ce qui est déjà fait, aux vues des photos), dans l'autre cas, c'est un consommateur lambda qui est victime et qui ferait rendre fou n'importe quel client d'une grande surface. Lorsqu'on trouve un poil dans une soupe, on est capable de faire un sketch dans un restaurant pour se la faire changer, mais dès que c'est une autre personne qui se pète une dent sur un caillou (d'ailleurs, c'est la place d'un caillou que d'être dans une saucisse), on le raille.
Dans le cas de Mme Frite, c'est le magasin qui est une victime d'une attaque inacceptable d'un système juridique "à la sauce US", de l'autre, c'est un consommateur qui est une victime ! Et toutes les Unes, comme Ruquier, lui demande d'un air moqueur "Si ce n'est pas trop abusé d'attaquer Carrefour" ou encore "C'est faire justice à l'américaine". Là, c'est scandaleux. Non, ce n'est pas une justice à l'américaine, c'est une attaque contre un géant de l'agroalimentaire qui a fait tomber un caillou (rien que ça) dans de la nourriture. C'est peut-être d'un ridicule affligeant, néanmoins il faut rendre publique cette aberration. Ce n'est pas en allant voir directement la grande surface pour faire un "constat à l'amiable" comme le disait Ruquier. Ce serait un rêve pour l'entreprise. M. X ne souhaite qu'un dédommagement pour sa dent (dans les 100€), et pour nous, agiter la lanterne sur un fait de société. Entre les cailloux et la rembal', on trouvera bientôt des doigts dans nos raclettes ?

La France a quand même quelques problèmes en ce moment. D'un côté elle contemple le Tsar dans une opulence manifeste, de l'autre elle incrimine une attaque en justice justifiée. Il n'y a pas d'analogie à faire entre Mme j'essaye-de-profiter-du-système (grâce à notre américanisation, qui se l'espère sera retenu si toutefois Obama est élu, dans l'utopie de Thomas More) et cet homme, par le fait qu'ils ont le même avocat. Ce sont deux affaires distinctes. On peut en rire à défaut d'en pleurer, mais l'incriminer, ça non !

12 février 2008

Etat d'ébriété

j'ai envie de me branler.

Que tout soit sale et que rien ne puisse entacher la réalité du mot, des maux. Seulement la volonté de coller à la réalité, à la dureté des choses, celles que l'on ne prononce qu'avec dérision. Les mots sont fait pour être eux-même. Je ne veux pas les cacher, trop de gens les cachent sous couvert de raisonnement. Rien ici n'a pour volonté de masquer quelque chose. La réalité sémiotique est peut être sous-jacente, la dureté du mot est elle-même. J'ai choqué, je choquerai. J'aime ce travail. Si mes mots auraient été différents, rien ne serait choquant aujourd'hui. Pourquoi dire "masturber" alors que l'on pense "branler" ? Pour appeler une "prostitué" une "pute" ? C'est rentrer dans la complaisance des monsieurs d'en haut qui pensent qu'un technicien de surface n'est qu'autre qu'un balayeur. Nous, en France, on ne veut choquer personne ! S'ils n'assument pas, pourquoi ne font-ils pas un tour à l'ANPE ? Ça leur apprendra à jouer avec leur sensibilité. Appelons un chat un chat, et arrêtons de nous lécher le cul en espérant ne trouver que de l'épiderme. Soyez honnête avec vous même... Si le mot pute vous fait jouir, c'est qu'il est chargé d'histoire, autant que s'il vous choque. Tout a une histoire, que ce soit vos maux que les miens. La ressemblance des sonorités n'est pas là pour sonner juste, c'est un lien qui est décrit. Les maux sont des mots, et vice et versa. Un mot qui ne vous parle pas est un mot sans sens véritable dans votre histoire propre. Lorsqu'ils vous parleront sans vous choquer ou vous extasier, peut être seriez vous prêt de votre vérité. L'ai-je trouvé ? Pour sûr que non. Je suis dans un flou artistique, un sfumato De Vincien, une approche palpative.

Je suis Humain, et vous ?

11 février 2008

Laisse ton silence et vas-t'en !

"Est-ce moi qui boite ou bien l'Europe ?"
Klee


Bercé par les musiques aussi électroniques qu'enivrantes de Matt, je me surprends à somnoler devant mon ordinateur portable, qui me sert plus de fenêtre sur le monde qu'un monde ouvert sur moi.

J'ai envie de déconnecter. Appuyer sur off pour ne plus penser à rien. Ne jamais remettre les pieds ici. Lorsque je m'envole, je redescends d'un trip d'héro. Ça fait mal et je ne gère pas les surprises. Je ne les gère plus, de par l'inquiétude du résultat, afin de mieux préserver mon capital psychologique ou "coeurporel". Synonyme me diriez- vous, et vous auriez raison. Seulement déconnecter.
Fuyard...

Oui. Envie de ne rien faire pour mieux rentrer dans un scénario de vie. "Les conseils sont pour les autres.", mais ne les avons-nous pas digérer afin de les promulguer ?

J'ai envie que tout rendre dans l'ordre. Mon ordre. Celui que je donne aux gens, pas aux choses. Je n'aime pas l'inter-personnalité communiste du partage à outrance. Chacun a ses sphères. Ne pas les perturber, ne pas insister, sinon tout casse. Et on recherche une autre bulle. Je ne veux pas présenter quelqu'un à tous ceux que je connais car tous ont un ordre et un sens précis. Egoïsme égocentrique... Je me tais.

Je veux la douceur d'une couette chaude, l'apaisante luminosité d'une nuit sans lune et le silence d'une musicalité enivrante.
La fuite ne fait qu'aggraver...
Je sais.

29 janvier 2008

Règne d'une vie parallèle

Il y a un seul endroit où je n'existe plus. Un seul endroit où je suis heureux. Un seul endroit où je me sens capable d'exister : un terrain de paintball.

Ce n'est pas tant ce que ça représente : victoire, combat, défaite, douleur, joie. Non. C'est ici que je suis en confiance, c'est là qu'il n'y a qu'un règne : celui du coeur.

Quand le nom de votre équipe est appelé par tout ce qui peut être vocal sur une compétition, il n'y a rien de plus fort. Le silence me borde, je suis concentré, et pourtant bien loin de ce que mes pas foulent. Je marche comme un cosmonaute. Lorsque je mets mon masque, la confiance apparaît. Je n'existe plus dans un monde, j'évolue dans le mien.

Tout est sourd comme dans un ralenti hollywoodien. Je ne joue pas avec des identités, je joue avec des partenaires. Ils sont tout pour moi, autant que je suis un élément pour eux. Unis, solide. Mais c'est un détail au bonheur que je ressens. Celui d'être incroyablement seul, paradoxalement accompagné. Ils pourraient être cent, mille, que je serais seul... et heureux. Peu m'importe le regard de l'autre, car sur un terrain, il n'y a plus de place à la raison, seulement à la passion.

Je n'aime pas ce sport, il fait parti de moi. On ne peut pas me demander de choisir entre deux éléments dont il fait parti. Je me rends compte qu'il est bien plus important que tout ce qui m'entoure, que ce soit l'écriture ou toutes les choses que je peux faire pour me détendre. Ce sport me fait vivre car il me transporte dans ma bulle. Celle que seuls les passionnés peuvent comprendre. Cette bulle privée que personne n'entrave. Elle est fragile, mais je la défends corps et âme. Rentrer sur un terrain, c'est monter sur une scène pour certains, monter à cheval pour d'autres, écrire un poème, peindre un tableau, écouter de la musique, s'oublier devant un film... rentrer sur un terrain, c'est vivre en artiste, l'artiste de notre passion.

19 janvier 2008

Silence d'un retour

-Regarde maman, le monde tourne...
-Il ne s'arrêtra jamais de tourner...
-J'aimerais pourtant.

17 janvier 2008

L'océan postillonne !

C'est arrivé comme un postillon sur ma joue. "Il faut déjà avoir aimé au moins une fois." Elle me l'a dit. Je ne pensais pas qu'elle oserait. Pourtant.

Dans ses paroles, il y a du vrai comme du faux. J'ai déjà Aimer. Oui.
Aujourd'hui, c'est bien plus ambiguë. Peut-être à cause des murets qu'on se construit pour se croire à l'abri. Peut-être ces digues qu'on bâtit en espérant que les vagues ne passeront pas au-dessus. Je reçois des goûtes de cet océan. J'observe le vent et me demande d'où cela vient. Quelquefois, je perçois la brume avant qu'elle n'aille se glisser dans mon oeil. Mais pas la vague.

Personne ne la provoque assez. Peut-être pas encore. Mais il suffit pourtant de créer un ras de marée, pas si marée que ça. Il faut me provoquer des transports.

Avant, mes défenses étaient inexistantes. Un oui, un non me faisaient chavirer. Aujourd'hui, je suis toujours aussi inoffensif. Sauf que ce sont des barrières volontaires. Pourquoi vous attirent-elles ?

Aujourd'hui, la mer est agitée. L'océan s'ébranle. Le vent se lève. J'ai froid.

15 janvier 2008

Transporté

"Ce n'est pas vous qui êtes amputé, en fait, c'est la vie."
Vincent Delecroix - La chaussure sur le toit



Je suspens ma lecture sous le flot impétueux des mots qui me traversent. Ce livre est un transport. De nouvelles, il en fait un livre, Vincent Delecroix me fait rêver de sa chaussure sur le toit.
Je ne peux m'empêcher de la voir me narguer. Perchée. Tous l'ont jeté, je la contemple. Aussi.

Ces mots, ces lignes, ce livre me serre les viscères. J'ai le ventre retourné. Je me sens aussi bien qu'après la découvert de ce coeur d'artichaut, de Cavanna.

Un paragraphe d'entre deux lignes, je ne peux me résigner à écrire davantage, tellement je sens ces lignes perdues dans un océan de mots, de sensations que je n'ose pas appréhender. Pour le moment, je vis ce transport. Demain. On verra.

Je me sens enfant, enfanté d'une nouvelle dimension.

14 janvier 2008

Enfin temps

"Sam reste des heures à contempler le cœur rouge et les lettres bleues qui dansent devant ses yeux et l’hypnotisent. Des heures sans bouger. Pendant qu’Hortense, à ses côtés, d’avant en arrière continuellement se balance. À chacun de ses mouvements, elle voit tantôt le cœur se rapprocher et grossir, tantôt s’éloigner et rétrécir".

Marie Zimmer - A double tranchant


Il est temps. Et pourtant, ce temps n’est pas autant temps que ce tant que j’aimerai tenter. Écrire. Pour dire ce que l’on ne prononce pas. Prononcer dénature et pourtant charge de sens. Ici, tout le monde dit, et ne se rend pas toujours compte du comment, il est dit.

Alors que tout le monde s’enlise dans la liesse la plus scandaleuse, minuit a raisonné avec les cris de ses désirs. On ne rit pas pour oublier, on rit avec une bonne raison de le faire. On se retrouve tous pour s’aimer pour la nouvelle année, alors que la majorité ne s’aime déjà pas elle-même. Comment aimer les autres, si l’on ne s’aime pas ? Alors on crée le plâtre d’une faille sans faille.

Je vous hais dans toute cette amertume d’amour. Joie et liberté. Bonne année.

13 janvier 2008

Primauté à la prime

"Dans l'arrondi de leurs gestes, on voit qu'ils ont le sentiment d'avoir fait le bon choix"
Philippe Delerm - Enregistrements pirates



Quand j'observe et appréhende le monde de la littérature, je me rends compte que je ne veux pas être primé. Non. C'est bien trop valorisant, et des encens, on en devient cendre. A force de brûler, on se consume pour finir dans cette étrange fumé opaque, mais parfumée. Non. Je veux vivre, au fil de ma plume, parce que le fils, c'est bien trop humain.

Vouloir suivre les traces d'autres, c'est vivre son rêve par procuration. Alors, je souhaite vivre le mien. Celui de me retrouver un jour dans la bibliothèque d'une personne que je ne connaîtrais pas, et qui dira, d'un air malicieux : "tiens, lis ça, tu m'en diras des nouvelles".

J'aimerais n'être pas grand chose, et pourtant beaucoup. Seulement des mots qui touchent. Comme un écorché. De sensibilité.

Je ne veux pas être primé, mais discrètement apprécié.

Regarde le monde parterre, y'a des moutons de poussières

Tu sais ce que ça fait d'être en chaise roulante ? Assis, impuissant, innocent, inutile ? On a des représentations de soi dans chaque regard. Ça commence par : "le pauvre jeune !" Puis ça finit par : "putain, il fait chier avec sa chaise de merde !"
Toi, tu galères à passer dans les rayons tandis qu'eux ne te laissent pas passer en lâchant un pauvre "pardon". Ici, personne ne t'écoute, tu n'es pas synchronisé, et t'es handicapé. Puis, tu peux être sexy, mais sans jambes, c'est plus Georges que Clooney. Alors à quoi bon chercher, tu sers à rien dans ta chaise, la pitié fera son travail, nous, on a des gosses à faire bouffer.

On se rend compte de la connerie humaine... mais encore plus que d'habitude.

Le plus drôle, c'est quand je me lève pour regarder dans les bacs à vêtements...
Merde quoi ! Ce sont les soldes !

11 janvier 2008

Minute perdue

"Elles s'font tatouer, percer, elles s'épilent les poils, et maintenant elles vont dire qu'la sodomie ça fait mal".
MC circulaire - sodomie


"Je voudrais que ma plume glisse le long de ton corps. Qu'il le dessine autant qu'il le décrit. Être son nègre à tant de beauté, pouvoir souffler tant de légèreté. Soutenir les rondeurs, m'appliquer sur les courbes, érafler les droites. Je voudrais que ton corps soit ma plume, pour qu'aucune faiblesse ne transparaisse. Cette finesse interdite, cette couleur pureté. Tout est exquis. Parfait. Les rondeurs sont à leur place. Une composition florale aux multiples saveurs, savoir, ça voir. Tes yeux sont des amandes et leur couleur foncée, tes cheveux fins coulent entre mes mains leur blondeur noircie. Serait-ce des larmes ou ma sueur que je sens perler sur la blancheur nacrée de tes hanches sacrées ? Il semble que ce soit des larmes que tu as provoqué, lorsque toi, ma fille, tu es décédée."

29 décembre 2007

Suinte, mon amour

Aguiche-moi. Ta passivité me rend stérile. Pourquoi est-ce à moi de toujours venir vers toi ? Pourquoi n’es tu pas capable de me regarder avec la force de l’érotisme ? Pourquoi n’oses tu pas ?

Je souhaite que tu viennes vers moi, que tu me susurres ton désir ardent, même si je ne semble pas en avoir envie. Car de toi, j’en veux toujours. Suinte, mon amour. Suinte ton amour. L’amour de la chair ou l’amour du paraitre.

Je ne veux rien de sale, je veux de l’érotique. Que tu fasses découvrir toute la sensualité de ton corps, celui de cette femme qui hurle en toi. Laisse crier cette force du désir, je ne veux pas te retenir. Cambre, petite aguicheuse. Joue, avec ton corps pour plier le mien à tes désirs. S’il faut ne pas toucher, je ne serais que voyeur. Voyeur de ce corps que seul moi peux toucher. Prend confiance en tes qualités, prend confiance en tes défauts, car ils sont toi et ton entièreté me fait frémir.

Me désires-tu ? Car ta passivité m’en fait douter.

09 décembre 2007

Dernières minutes d'une journée achevée

Ça faisait longtemps que je n’avais pas été triste. Là, ça sort par les yeux au lieu de sortir par la plume. C’était trop fort pour que ça reste là. Alors c’est sorti. Parce qu’ils m’ont dit des mots d’amour. Ces mots de tous les jours.

On ne les capte toujours trop tard. Ou trop pour les autres. Quand ça arrive, on n’y croit jamais. Pourtant, on aime avoir le cœur qui bat. Il faut peut être attendre des années, pour avoir l’effet gâteau. L’effet salivaire.

Alors on l’attend. Ce moment. Ce moment qu’on ne voit que dans les films, avec de la musique en fond sonore. Le coup de foudre réciproque qui clôt l’amour dans l’éternel, l’amour qu’on attend depuis des années, le sourire d’un ami ou ces mots susurrés que seuls les amants s’autorisent à donner. Ces mots ne sont pas de vulgaires bijoux que l’on affiche. Ces mots sont une vie que l’on brise, que l’on répare, que l’on construit ou qu’on détruit. C’est une histoire que l’on conte à un enfant, une main dans la main, un regard captivé ou un coude qui frôle l’autre.

L’amour n’est pas un jeu, et pourtant on y joue trop souvent. Tous les jours sont faits pour être extraordinaire. C’est nous qui les rendons banals, froids et habitudes. La pire des habitudes est de prendre des habitudes.

Rares sont ceux qui agissent comme il philosophe. Agir est la plus belle des pensées.

Mes larmes sont sèches et mon cœur parle que par identification. La romance est la plus belle des psychanalyses. Je m’en vais conter mes rêves à mon sommeil.

"Cap ou pas cap ?"

Jeux d'enfants

Ecrivons.

"mais le rêve nous permet de nous raccrocher à cette vie scélérate, moi je rêve encore la vie même si je la vis désormais en rêve"
Alain Mabanckou - Verre Cassé



C'est rare d'écrire sur ce qui n'est pas hygiénique, de ce qui pue et qui colle. On observe la merde, la crasse, la rouille et l'indifférence en le transfigurant en beau, magique et inoubliable. Ce qui est inoubliable, c'est la pauvreté et cette quête chimérique du bonheur. Leurs yeux, c'est un tombeau plus resplendissant que la sculpture d'un pape, car c'est la vie. La vie est un coup de couteau à droite, une claque à gauche, la bouteille d'en haut et l'uppercut d'en bas. Ça bouge. Et c'est difficile de l'écrire.
Écrire, c'est figer l'émotion, ce transport là. Il faut savoir le refaire naître éternellement. C'est le boulot de l'écrivain. Le vrai. Celui qui sait dire vas-te-faire-foutre quand il faut et arrête-de-torcher-ton-nombril quand il ne faut pas. Celui qui regarde la merde et la fait sentir à ceux qui ne la voient que par le hublot de leur cuvette, celui qui touche la crasse et la colle sur ceux qui ne transpirent qu'au travers de leur déodorant, celui qui gratte la rouille et l'émiette sur ceux qui nettoient leur table avec un aspirateur, celui qui souligne l'indifférence et la fait naître chez ceux qui ne vivent que par le culte de la personnalité.
Être écrivain, c'est faire vivre. C'est pouvoir mourir et s'observer dans ses pages d'histoire.

Je n'ai pas la prétention d'être écrivain. Je veux juste trouver le mot juste. Juste celui qu'il faut pour me faire renaître.

08 décembre 2007

Ta connerie est une réponse au désir d'autrui.

"[...] c'est pour ça qu'elles tombent parfois dans la prostitution parce que c'est plus facile de transformer son corps en marchandise que son cerveau en instrument de réflexion [...]"
Alain Mabanckou - Verre Cassé


J'entends à droite des gens qui disent qu'ils sont contre. Contre au sens général. Des gens qui prêchent l'inaction afin d'abroger une loi. On ne peut pas être contre quelque chose et contre des moyens. Un groupe qui dit Non. Ce qui est triste, c'est que leur seul identité, leur seule dynamique de groupe, leur seule cohésion sociale, se fait dans un temps fini et dans la négation. Ils veulent pas qu'on les fasse chier. Dans un mois ils ont fini.

J'entends à gauche qu'il faut faire toujours plus, et je m'y accorde, avec tout ce qui va avec.

Mais je veux répondre à ces gens. Qui sont à ma droite et qui sont mes parents. Ceux qui devraient être mes mentors. Mes partenaires de département, mon identification a priori.

Aujourd'hui, nous vivons dans un pays où la notion de développement durable est en danger. Nous assistons à une amnésie nationale. Et vous, Vous, les enfants de la modernité, l'occultez complètement. Vous êtes dans la nombrilisation du monde. Il n'existe qu'une seule chose : vous. Vous répondez à cette individualisation paradoxale d'un monde sur youtube. Votre égoïsme est à tout rompre. Demain est un monde qui tournera sans vous. Demain est un monde avec d'autres étudiants qui souhaitent avoir la même chance que vous : étudier au milieu d'étudiants.

Si tu veux te barrer. Fais-le. Mais avec la conscience tranquille.

27 novembre 2007

Souffle le vent petit.

Je t'aime, moi non plus.
Serge Gainsbourg



Il faut que je reprenne tout ça en main. Il faut que j'arrête de hocher la tête comme un enfant de huit ans à qui on propose une glace au chocolat. Il faut que j'arrête de croire ce que j'entends et/ou vois pour croire à ce que j'expérimente. Il faut que j'arrête de me déculpabiliser.
Les utopies, ça existe toujours dans la bouche de l'autre.



Et me voilà face à un écran d'ordinateur, vitrine d'un monde qui n'existe que par médiation. J'arpente cette façade placide. Je subis plutôt que construit. Je n'ai pas encore d'assureur.
Cet ordinateur me frustre. Il n'est pas agréable d'écrire. C'est pourquoi mon "exhaustivité" se voit contrariée. J'arrête de me déculpabiliser.
J'ai plus envie d'écrire en ce moment. Tout semble dénué d'intérêt tant que je n'aurais pas réagi.

 Souffle le vent petit, tu fais bouger la terre.


Les femmes sont toutes pareilles. Toujours prêtes à aller au bout du monde pour un homme.
Adrien Therio - Flamberge au vent