26 juillet 2008

A trop...

"Ça pompe trop d'énergie d'être quelqu'un d'autre, c'est déjà difficile d'être soi même et de dire ce qu'on pense"
Nneka


A trop jouer des rôles dans le passé, on a du mal à être soi.
A trop penser à l'autre, on a du mal a penser à soi.
A trop vouloir être un autre, on le devient jusqu'au jour où tout revient comme un retour de pédale.
A trop vouloir, à trop jouer, à trop penser, on perd une partie de la réalité. La sienne.

"J'veux que tu me mentes !"

"J'veux que tu me mentes"
Lynnsha


D'une catastrophe désolante de mièvrerie, nous arrivons toujours à tirer ce que nous souhaitons entendre, tout comme dans un horoscope.

"J'veux me sentir unique donc je veux que tu me mentes"
Lynnsha


Cette volonté d'unicité est la source de confiance de l'humain. Être unique aux yeux de son partenaire de jeu coquin et autres frivolités tendancieuses est sûrement ce que nous recherchons tous. Puisque nous sommes tous égaux face à la mort, nous avons ce besoin primaire de se sentir unique, d'autant plus dans l'amour. Lynnsha l'a bien compris... mais vouloir le mensonge plutôt que la vérité est une volonté de dé responsabilisassions couplée d'une bêtise grasse : "dis-moi tout ce que je veux entendre".
Puis nous enchaînons avec Christophe Maé et sa célèbre chanson : qu'on s'attache. Ne nous attachons pas pour mieux s'apprécier ? Quel gâchis... Attachons -nous pour mieux jouer avec toute la confiance dont on peut faire preuve. Laissons la malice faire son office sans avoir mal au cœur.

Changeons de sujet. Tom Cruise me fait des gargouillis dans le bas du ventre dans Collisions. Il joue bien et précis, rythmé par des réflexions psychologiques décentes. Action ! est le maître mot de ce thriller. Arrêtons de se mettre des masques et des obstacles, nous avons déjà prouvé notre valeur.

Changeons de sujet. Le couple est un méticuleux jeu de séduction. Tout réside dans cette limite facilement franchissable du "rien est acquis et pourtant je te sais acquis(e)". Du regard aux vêtements, de l'amour à la baise, tout fonctionne sur une séduction totale. Mais lorsque les deux corps, les deux esprits s'affranchissent de cette fonction, c'est soit pour ne former qu'un, soit pour mourir. La séduction de couple est un jeu : trop jouer rend las, le trop peu rend mou. Un savant dosage. Tout comme la domination.

Changeons de sujet : je n'ai pas réussi à épouser les formes d'un texte précis. Je n'en avais pas la volonté car un thème précis ne s'était pas imposé de lui-même. Seulement la volonté d'écrire, de m'écrire, de l'écrire, de s'écrire. Je m'écrie et pourtant reste sourd à la musique du clavier. "Faites attention aux aphorisant et aphorisés" disait ma professeur d'expression et communication, je suis simplement euphorisé aujourd'hui, tout autant que demain.

Je ne veux pas jouer avec les sentiments, seulement avec les émotions.

20 juillet 2008

Le cancer du bidou

La jalousie ne sert à rien d'autre qu'avoir un ulcère à l'estomac ou un cancer prématuré du colon. Elle ne fait qu'une unique chose : peur. A quoi cela sert de se ronger les sangs lorsque l'on sait pertinemment que l'on a et que l'on n'aura jamais aucun contrôle sur la personne. Ce postulat admis, nous n'avons plus qu'à faire de deuil de cette grande dam(n)e qu'est la jalousie.
Tous les scénarios sont imaginables, et nous devenons des cinéastes accomplis avec toute la panoplie du parfait film érotique, porno ou du véritable thriller. Nous sortons des plans magnifiques, des scènes palpitantes pour un public de névrotiques à tendance schizophrénique : nous-mêmes. Il ne suffit qu'à connaître le passé de sa Juliette pour commencer les convulsions ou le pathétique cri primaire (technique qui consiste à appeler sa dulcinée toutes les trente secondes).
Accordons-nous, messieurs, mesdames, à admettre notre impuissance face à ce problème, certes épineux mais incurable à court terme. Dites-vous que vous ne pouvez rien faire et que toute caresse, tout baiser ou rictus coquin ne sera qu'un mirage dans un océan de buée : seul le néant vous accompagnera. Alors, oubliez ce qui arrive pour vous concentrer à autre chose. Vous ne pouvez rien faire.

Une chose vous permettra de mieux comprendre ce phénomène : la jalousie provient du manque de confiance en soi, et non en l'autre. Si l'autre prend le soin de gonfler cette confiance, plus rien ne peut vous arriver car vous vous sentirez imbattable, le Jules ou la Juliette : un pas-n'importe-qui. Toutefois, si vous gonfler la confiance de l'autre par des maximes ou des actions, sachez que vous aurez peu de retour : la confiance est un sens unique. Il faut pouvoir faire chavirer cette confiance en dominant certaines situations, sinon, vous serez au pied du mur. Un conseil : sachez tenir votre langue, le silence possède des vertus pédagogiques. En effet, lorsque l'un se tait, l'autre voit sa confiance diminuer et ainsi, va devoir gonfler la confiance de l'autre ayant comme objectif un ping-pong d'impression (du "don contre don" émotionnel).

Sachez toutefois que ce n'est pas en connaissant les techniques que l'on les utilise le mieux. Les analystes sont des monstres pour autrui, des brebis pour eux-mêmes.

Résumons la situation :
  1. Vous ne pouvez rien faire,
  2. La confiance provient du manque de confiance en soi,
  3. Gonfler la confiance est un sens unique,
  4. Avoir confiance en soi, c'est avoir confiance en l'autre.
Après toute cette débauche sociologique, il est temps de vous atteler à cette rude tâche qu'est l'abandon de contrôle. Sachez une chose : Si votre Jules ou Juliette est avec vous, c'est simplement parce que vous avez un truc en plus que les autres. Souriez, les gens n'aiment pas les jaloux.

14 juillet 2008

La honte est une forme d'empathie

Le monde ne tourne pas rond. La schizophrénie est à son comble, les déviances comportementales face à un objectif atteignent leur paroxysme, la bêtise humaine est à l'état brut... Heureusement que les individus veulent se montrer. J'emmerde mon empathie !

http://www.youtube.com/user/Scalarburn

Je n'aime pas les sens uniques

Trois jours consécutifs que je vois le jour se lever. Je ne suis pas toujours sobre, mais toujours anxieux de ne pas assez dormir. Une constante : le plaisir.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un levé de soleil. Il est trop tôt. Alors on imagine l'inverse d'un couché avec des tons rosés et la gueule enfariné des passants qui s'empressent d'aller travailler au milieu des vestiges de soirées bien arrosées. Les yeux piquent et la bouche est pâteuse, mais c'est beau. Quand on pense qu'une boule d'hydrogène nous illumine à 149 millions de kilomètres, on se sent con. Surtout lorsqu'on pense qu'on a oublié son écran total. L'humanité fabrique la bombe H tandis que le soleil fabrique des coups de soleil. La nature reprend ses droits sur les crèmes solaires. Le matin est la drogue du vieux. Le jeune se contente de vivre à partir de midi. Il se rendra compte plus tard qu'il a perdu trop de temps.

Le temps, il passe lentement lorsqu'on se sent con ou impuissant. On ne repense pas à sa vie avant de se faire faucher par une voiture, on pense "merde". Je hais les sens uniques. Je hais cette situation où le chemin est arpenté par un chauffard tandis que le piéton est passif. J'aime pourtant conduire vite. Pourtant, j'ai horreur de faire cavalier seul, il n'y a pas d'enjeux dans une course à sens unique.

10 juillet 2008

L'excès, c'est avoir la certitude qu'on en fait trop

"L'excès de liberté ne peut tourner qu'en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état."
Platon - La République


C'est étrange d'avoir peur d'une chose qui nous apparaît soudainement tandis qu'on l'appréhendait avec confiance. Avoir la certitude d'exister avec la certitude de ne rien contrôler. Le contrôle est une forme de confiance en soi et lorsqu'on est bousculé de ce paquebot, on essaye de survivre au milieu de la houle. Il n'y a pas de requins.

"Chercher son côté diabolique". Si faire apparaître ce côté n'était simplement qu'une couverture pour mieux y blottir sa vie. C'est tellement plus simple de vivre en extrême plutôt qu'en cadre, même si ce sont les cadres qui font les frustrés et la liberté totale de volonté qui font les éclatés. Je n'aime pas les stéréotypes, ils me rendent tiède, j'aime la lueur et la différence dans ces combats de masse. J'ai horreur de la banalité, quoi de plus banal qu'un stéréotype ?
Je vis ainsi parce que j'aime cette vie là. L'excès m'ennuie. "Un con d'économiste a dit un jour : Trop d'impôt tue l'impôt". Trop de trop, ça fait toujours trop. Et le trop est banal. Je me contente de ce que j'ai et ce que je peux avoir. Il suffit de le vouloir.

Ai-je la méconnaissance de vivre le chemin parental ? J'en doute. Mon père musicien et ma mère ont eu des vies d'excès. Je prends le chemin inverse pour les contredire et imposer un choix de différence total ? Non. J'ai pris la main de l'excès pour essayer de voir si cela me plaisait. Néant. Je préfère les courtes jouissances plutôt que les longues monotonies. Je préfère rester sur ma faim qu'avoir fait le tour de la question.
Ma vie est un bout de chocolat dans une enveloppe.

27 juin 2008

bienvenu

Donner un câlin, entendre l’amour, me savoir petit, retrouver la sensibilité, pleurer, ranger ma chambre, le tabasser, aider les gens, savoir qu’elle pleure, écrire, manger un magnum aux amandes, boire beaucoup trop, perdre la mémoire, changer de pays, avoir mes amis autour de moi, être publié, faire du sport, être surpassé, écouter des conseils, attendre le silence, sentir l’air frais, crier fort, finir ce que je suis en train de lire, regarder un animé, aller à la fac, trouver un avenir, sentir que j’ai peur, rire fort, être pris en photo, souligner le passé, ne rien regretter, sentir la pluie, devenir bronzé, avoir une fille que je désire, être fier, les regarder s’amuser, croire en l’homme.
Bienvenu dans la prison de mes envies.

26 juin 2008

Salut, moi c'est néant...

Moi je, et toi tu je ? Car quand je, tu je. Si on je, où va le jeu ? Pour le moment, il s'enterre derrière le ping-pong des égoïsmes ou des ego de chacun. Je, set et match.

J'aime bien ces dialogues de sourds où les deux interlocuteurs parlent dans le vent car chacun attend son tour. J'ai l'impression de voir deux aveugles qui décrivent une photographie.

Un jour, il m'a dit qu'il avait besoin de se sentir écrasé intellectuellement. Je le comprends maintenant. C'est si important de se dire que la personne en face de nous peut nous apprendre des choses sur nous, sur vous, sur je ou sur tu. Cette personne qui va nous émerveiller car elle va nous rendre humble. J'en ai marre de tenir la barre, j'ai envie de chavirer.
Aimer la faciliter autant que la haïr. Les commandes m'emmerdent, j'ai l'impression que c'est trop facile. Pourtant, dès que cela devient difficile, j'arrête tout de suite. Je ne veux pas de difficultés, je voudrais être hagard. Sentir qu'on se comprend et que tout est joué dans notre incertitude.

"J'en ai marre des choses tièdes en ce moment, du blabla trop commun qui me laisse chaud. J'aime la froideur des raisonnements."

23 juin 2008

"Scier la branche sur laquelle je suis assis". Stup

"Les gens qui jugent les gens aux premiers abords ont tords"
Stupeflip


Une ère vient de se terminer, Death Note est arrivé à terme.

Cet anime est un hymne à la manipulation et à l'intelligence. Cela peut sembler "trop" parfois, mais à y songer, tout est parfaitement plausible. J'aime cette série, comme si parfois, on s'y reconnaîtrait en monstre.
Mon portable s'est déchargé de tous ses sms. Tic tac. L'heure tourne ; je n'aime pas les confessions.

"Juger les faits et comprenant la sensibilité". C'est un mensonge. Nous jugeons les gens, quoi qu'en en dise et nous jugeons leurs faits. C'est humain.
Nous pouvons taire ces jugements, mais quelquefois, il tue quelque chose. Alors pour exorciser, on essaye de parler et de le dire. Mais... souvent, on se heurte à l'ego ou à la spontanéité. Ne pas prendre le temps à la réflexion, à envisager toutes les possibilités, à faire preuve d'empathie ou simplement se heurter à un passé, sont des chemins rapidement empruntés.
Après avoir craché le morceau à la personne concernée, on se sent bête : "J'ai livré une partie de mes pensées à quelqu'un qui ne m'a pas compris. Il n'est pas à ma place". Je n'aime pas l'orgueil.

Je n'aime pas les confessions. Tic tac. L'heure tourne.

Juger autrui est un fait humain. Juger les faits est un fait raisonnable. Réussir à les séparer fait preuve de froideur. Les gens sont trop chauds.

17 juin 2008

Super-Papa

Une grande majorité des nouveaux pères m'emmerdent. Ces pères qui parlent de leur enfant comme s'il était unique, le nouveau prophète, le nouvel Einstein ou la nouvelle couche Pampers.

Ils se manifestent souvent à table en gonflant toute la tablée en racontant sur un ton mielleux, des "Elle dit coquin pour toutes les choses qu'elle aime", "Il dit pas oui, il dit voui", "Elle sait ce qu'elle veut et crache touuuut", "...". Tandis que la conversation soulignait la perte de lucidité de notre président face au problème du réchauffement climatique ainsi que le problème du pouvoir d'achat, il suffit que le mot enfant vienne polluer la discutions pour que Super-Papa clame haut et fort "Quand elle a chaud Yvette (afin de conserver l'identité de cet enfant, nous l'appellerons Yvette), elle se met torse-nu en disant "chaud chaud"". Tout ces genres de père rappellent toute la frustration et le transfert d'amour. Ils sont l'archétype du couple sans avenir qui fait un enfant pour le sauver parce que la femme annonçait une rupture si l'option enfant n'était pas cochée dans les deux mois, parce que le couple ne s'aime plus ou parce qu'il n'y a rien d'autre d'important dans la vie du père (la mère est ici éludée). Bref, le Super-Papa qui n'a qu'une seule vie au travers de son enfant et qui fait un transfert de son amour frustré nous les brise menu avec son gosse que toute l'assemblée verrait bien brûlé sur la place de l'hôtel de ville. L'enfant n'a rien fait ? Son père... oui.
Tous les nouveaux pères ne sont pas des casses couilles en puissance. En effet, ceux qui ont une vie à côté de leur couple (je parle d'une vie, pas du travail), ne sont pas ces Supers-Papa qui s'esclaffent lorsque leur bambin arrive à prononcer "koadjiffieuuproé" en mangeant de la purée ou lorsqu'il a dit "poil" au lieu de "poêle"... ahah. Qu'il s'esclaffe... oui, mais en public... non. Qu'il garde les prouesses de son enfant pour lui car ça nous emmerde tous.

Nous les connaissons tous. Et comme le sketch des deux minutes du peuple, "il a dit kapouééé, tu t'en rends compte !!!", ils nous prennent à parti alors qu'ils parlent pour eux. Heureusement que mon frère n'en fait pas parti. Quoi qu'il en soit, ils ne supportent pas les remarques ("ton gosse on s'en fout" ou "tous les enfants passent par ce stade !" ) et s'engage facilement dans un combat de sourd entre deux Super-Papa ("le mien..." "ouais et le mien..."). L'œdipe est un phénomène inexistant et Barbie est une super héros... Pour conclure, ils vivent dans leur monde et personne ne souhaite y entrer... pourtant, ils essayent.

28 mai 2008

Le charme, une recherche oedipienne ?

Je n’ai pas écris depuis longtemps ; je n’en sentais pas l’utilité. Mais ce fragment d’écriture me permet de garder une forme de contact avec certaines personnes (n’est-ce pas Serge), et, depuis quelque temps, je m’essaye à l’écriture sans toutefois y parvenir. Est-ce parce que l’été égaye mes soirées ? N’ai-je que du trivial à partager ? C’est un conglomérat de tout ça. Rajoutons-y de la remise en question saupoudrée de doute et vous aurez un aperçu de ma vie. Mais je suis loin d’une entité à plaindre. Alors je partagerai ici de l’inutilité artistiquement littéraire pour le grand plaisir du néant et du bon Lord Henry Wotton.

 

« Tu es très beau, tu sens très bon »

Mieux vaut-il être beau ou charmant ? Mieux vaut-il être belle ou charmante ? Le charme dure plus longtemps, tout comme l’intelligence. Le charme que l’on trouve chez une personne est totalement personnel. Tout comme la déception.  Le charme est la qualité de quelqu’un (ou de quelque chose) qui plaît. Ce plaisir est unique, non pas à la personne mais au regardeur. Vous pouvez être touché par le sourire de Mona Lisa tandis que je peux être émerveillé par son menton finement ciselé dans la coupe d’un rondin de boulot. Sachant que la première névrose est l’Œdipe, le charme ne serait-il pas une recherche œdipienne ?

Je m’explique : sachant que c’est une recherche personnelle dans ce qui plaît chez autrui, ne serait-elle pas une recherche du père ou de la mère. Un flashback physique.

 

« Ta vie, c’est du sopalin. Quand on frotte, tu t’effrites »

Allons bon mes amis, je saute du coq à l’âne en oubliant le porc. Poster m’ennuie, j’aimerais pouvoir écrire. Et pour se faire, on attend « l’inspiration ». Elle n’existe pas cette muse, l’inspiration est une belle salope qui ne se mate qu’avec du travail. Être passif, c’est le début de la contemplation. La contemplation, c’est le début de la bêtise. La bêtise, c’est le début de la passivité. J’ouvre ma bouche et baille. Un zeugme pour le plaisir de mon professeur. Début d’une séance d’UV avec comme soleil la volonté d’unicité : Est-ce en se sentant différent qu’on le devient ou est-ce en le voulant ?

Je digresse et me verse ; je m’étale en un point.

20 mars 2008

Ni hilo you

"Ferme les yeux, ouvre la bouche"
Dicton populaire


C'est étrange cette sensation de se retrouver avec la seule envie d'être face à un stylo, une page vierge et des images. Juste l'envie de créer ces images par le crissement de la plume.
Habituellement, la page ex nihilo de Word sert de réceptacle à ces pulsions. Je n'en avais plus. Pourquoi aujourd'hui ? Aucune idée. L'ordinateur ne guide pas ma main. Il me formalise. Trop de bruit, trop de rien, trop de médiateur. Peur importe le support tant qu'il y a l'esprit. C'est vrai. Mais le contexte implique plus qu'une idée.

Aujourd'hui, je retrouve une fièvre. C'est à cause de la nuit. Ou du printemps.
Oui, c'est ça. Ce doit être à cause du printemps.

16 mars 2008

Elle me regarde avec sa fleur de lys

J'ai peur. C'est quand même étrange cette sensation qui m'a pris aux tripes. Pourtant, je m'y suis préparé, pourtant je n'ai jamais eu peur. Peut-être parce que je n'avais pas d'images à accrocher au mur de mes songes. Ce sont mes rêves et cette série documentaire qui m'ont fait naître une boule au creux de mon bide. J'irai dormir chez vous au Québec. Si j'avais vu venir la claque, j'aurai essayé de l'éviter.

Elle est légitime cette sensation.
Sûrement.

Montréal, ouvre moi les portes de ton université. Je n'arrive pas tout seul ! J'arrive avec la peur.

Tu ne la connais pas petite ? Sois sage et ferme les yeux... voilà...

13 mars 2008

Eux, ces sublimes

"I read once about a woman whose secret fantasy was to have an affair with an artist. She thought he would really see her. He would see every curve, every line, every indentation and love them because they were part of the beauty that made her unique"*.
Sean Willis - Cashback


Il y a certaines choses qui m’ont toujours profondément attristé : les handicapés mentaux et moteurs, ainsi que les « défigurés ». Une de mes amies peut témoigner de mon extrême sensibilité sur ces visages (elle se reconnaîtra). Car ce n’est pas le handicap qui me perce à nu, c’est le visage. Cet amas de peau sur plusieurs os, qui forme notre identité, notre humanité et notre place dans la société. Notre représentation.

Les handicapés moteurs sont ceux qui me troublent le moins. C’est derrière, rarement, le rire que je me cache pour éviter de sangloter. C’est la manière la plus commune de cacher un mal derrière son extrême. Certes, vous pouvez me rétorquer que c’est une mauvaise cachette car eux ressentent le rire, mais c’est un bien pour moi. Et je me choisis avant eux afin de ne pas me rompre un équilibre. Ce qui m’attriste, c’est une ruine de leur univers physique. Ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent, et ça se transfigure sur leur visage, et particulièrement, leur regard. Cependant, il demeure une certaine vanité ou un certain défi face à ce qu’ils nomment « leur différence ». Aujourd’hui, être handicapé moteur est quasiment rentré dans la norme. Surtout de part ce désir insatiable « d’être comme vous, pas moins ». Le regard de l’autre est moins « assassin » car l’handicap moteur est plus souvent exposé, ce qui le normalise.

Les « défigurés » arrivent bien après ce handicap. Leur regard est aussi défigurée que leur identité. Ils ont conscience du regard de l’autre, de la pitié, l’étonnement ou la surprise. Ils s’en rendent compte qu’ils ne sont plus comme les autres et qu’ils ont perdu une partie d’eux-mêmes. Cette partie, c’est leur identité. C’est l’autre qui les place dans la société et le miroir, c’est le regard de soi dans le reflet de l’autre. Ils me fendent le cœur. Pas de pitié, pas de bêtises, seulement le souffle coupé et les larmes au coin des yeux. Leur vie est sur une lame, je le sens. C’est comme se retrouver face au sublime, pas besoin de mots, pas besoin de crédit. On sait. Je sais.

Les handicapés mentaux me possèdent, me hantent. Mais ceux qui me touchent le plus sont les autistes. Pas tous ne me tordent le cœur, mais certains le font avec tant d’innocence, qu’ils font vaciller mes capteurs de sensibilités. Tout est brouillé, un rien me fait pleurer. Par exemple, je ne peux pas voir plus de 5min d’une émission traitant de ses maladies sans fondre en larme. C’est un besoin plutôt que la paralysie psychologique. C’est leur regard qui me trouble. Ce regard d’innocence mêlé de joie et de tristesse. Un océan du vide. Tout s’entremêle pour ne laisser qu’un chaos du développement psychologique. Ils sont des enfants déconstruits. Ils ne sont rien. Et pourtant tout. Un de leur regard me bouscule pour une journée entière. Il me hante. Comme leur silence enveloppe leur prison.

Ils m’ont toujours fait écrire.
Une source d’inspiration chaotique.
Mon empathie peut-être ou ma sensibilité me font entrapercevoir le sublime, sans pour autant qu’il me subjugue. Il me laisse simplement la photographie de leur vie sur un visage. Une peinture incroyable d'une vie qu'ils auraient aimé éviter.



*"Une fois, j'ai lu une histoire sur une femme qui désirait avoir secrètement une aventure avec un artiste. Elle pensait qu'il la verrait vraiment, qu'il verrait chaque courbe, chaque ligne, chaque creux. Et qu'ils les aimeraient parce qu'ils faisaient parti de cette beauté qui la rendait unique".
Sean Willis -Cashback

12 mars 2008

La bêtise est française

Hier, je regardais France 2, et plus particulièrement l'émission de Laurent Ruquier on a pas tout dit. Il y était invité un certain M. X, qui a porté plainte contre Carrefour après avoir croqué dans une saucisse et s'être cassé une dent sur un caillou. Il est défendu par M. Ludot. Ce même monsieur en charge du dossier glissant de Mme Nicole Borgnon, cette dernière avait glissé sur une frite (chaine de fast-food Quick) et s'était cassé les genoux. Elle avait porté plainte contre le restaurant.

Ce qui est effarouchant, sont les différentes Unes qui sévissent en assignant ce client de saucisse au même cas désespéré de Mme Frite. Dans un cas, c'est perdu d'avance car c'est d'une bêtise inconcevable, et si toutefois elle gagne le procès, elle perdra la face (ce qui est déjà fait, aux vues des photos), dans l'autre cas, c'est un consommateur lambda qui est victime et qui ferait rendre fou n'importe quel client d'une grande surface. Lorsqu'on trouve un poil dans une soupe, on est capable de faire un sketch dans un restaurant pour se la faire changer, mais dès que c'est une autre personne qui se pète une dent sur un caillou (d'ailleurs, c'est la place d'un caillou que d'être dans une saucisse), on le raille.
Dans le cas de Mme Frite, c'est le magasin qui est une victime d'une attaque inacceptable d'un système juridique "à la sauce US", de l'autre, c'est un consommateur qui est une victime ! Et toutes les Unes, comme Ruquier, lui demande d'un air moqueur "Si ce n'est pas trop abusé d'attaquer Carrefour" ou encore "C'est faire justice à l'américaine". Là, c'est scandaleux. Non, ce n'est pas une justice à l'américaine, c'est une attaque contre un géant de l'agroalimentaire qui a fait tomber un caillou (rien que ça) dans de la nourriture. C'est peut-être d'un ridicule affligeant, néanmoins il faut rendre publique cette aberration. Ce n'est pas en allant voir directement la grande surface pour faire un "constat à l'amiable" comme le disait Ruquier. Ce serait un rêve pour l'entreprise. M. X ne souhaite qu'un dédommagement pour sa dent (dans les 100€), et pour nous, agiter la lanterne sur un fait de société. Entre les cailloux et la rembal', on trouvera bientôt des doigts dans nos raclettes ?

La France a quand même quelques problèmes en ce moment. D'un côté elle contemple le Tsar dans une opulence manifeste, de l'autre elle incrimine une attaque en justice justifiée. Il n'y a pas d'analogie à faire entre Mme j'essaye-de-profiter-du-système (grâce à notre américanisation, qui se l'espère sera retenu si toutefois Obama est élu, dans l'utopie de Thomas More) et cet homme, par le fait qu'ils ont le même avocat. Ce sont deux affaires distinctes. On peut en rire à défaut d'en pleurer, mais l'incriminer, ça non !

12 février 2008

Etat d'ébriété

j'ai envie de me branler.

Que tout soit sale et que rien ne puisse entacher la réalité du mot, des maux. Seulement la volonté de coller à la réalité, à la dureté des choses, celles que l'on ne prononce qu'avec dérision. Les mots sont fait pour être eux-même. Je ne veux pas les cacher, trop de gens les cachent sous couvert de raisonnement. Rien ici n'a pour volonté de masquer quelque chose. La réalité sémiotique est peut être sous-jacente, la dureté du mot est elle-même. J'ai choqué, je choquerai. J'aime ce travail. Si mes mots auraient été différents, rien ne serait choquant aujourd'hui. Pourquoi dire "masturber" alors que l'on pense "branler" ? Pour appeler une "prostitué" une "pute" ? C'est rentrer dans la complaisance des monsieurs d'en haut qui pensent qu'un technicien de surface n'est qu'autre qu'un balayeur. Nous, en France, on ne veut choquer personne ! S'ils n'assument pas, pourquoi ne font-ils pas un tour à l'ANPE ? Ça leur apprendra à jouer avec leur sensibilité. Appelons un chat un chat, et arrêtons de nous lécher le cul en espérant ne trouver que de l'épiderme. Soyez honnête avec vous même... Si le mot pute vous fait jouir, c'est qu'il est chargé d'histoire, autant que s'il vous choque. Tout a une histoire, que ce soit vos maux que les miens. La ressemblance des sonorités n'est pas là pour sonner juste, c'est un lien qui est décrit. Les maux sont des mots, et vice et versa. Un mot qui ne vous parle pas est un mot sans sens véritable dans votre histoire propre. Lorsqu'ils vous parleront sans vous choquer ou vous extasier, peut être seriez vous prêt de votre vérité. L'ai-je trouvé ? Pour sûr que non. Je suis dans un flou artistique, un sfumato De Vincien, une approche palpative.

Je suis Humain, et vous ?

11 février 2008

Laisse ton silence et vas-t'en !

"Est-ce moi qui boite ou bien l'Europe ?"
Klee


Bercé par les musiques aussi électroniques qu'enivrantes de Matt, je me surprends à somnoler devant mon ordinateur portable, qui me sert plus de fenêtre sur le monde qu'un monde ouvert sur moi.

J'ai envie de déconnecter. Appuyer sur off pour ne plus penser à rien. Ne jamais remettre les pieds ici. Lorsque je m'envole, je redescends d'un trip d'héro. Ça fait mal et je ne gère pas les surprises. Je ne les gère plus, de par l'inquiétude du résultat, afin de mieux préserver mon capital psychologique ou "coeurporel". Synonyme me diriez- vous, et vous auriez raison. Seulement déconnecter.
Fuyard...

Oui. Envie de ne rien faire pour mieux rentrer dans un scénario de vie. "Les conseils sont pour les autres.", mais ne les avons-nous pas digérer afin de les promulguer ?

J'ai envie que tout rendre dans l'ordre. Mon ordre. Celui que je donne aux gens, pas aux choses. Je n'aime pas l'inter-personnalité communiste du partage à outrance. Chacun a ses sphères. Ne pas les perturber, ne pas insister, sinon tout casse. Et on recherche une autre bulle. Je ne veux pas présenter quelqu'un à tous ceux que je connais car tous ont un ordre et un sens précis. Egoïsme égocentrique... Je me tais.

Je veux la douceur d'une couette chaude, l'apaisante luminosité d'une nuit sans lune et le silence d'une musicalité enivrante.
La fuite ne fait qu'aggraver...
Je sais.

29 janvier 2008

Règne d'une vie parallèle

Il y a un seul endroit où je n'existe plus. Un seul endroit où je suis heureux. Un seul endroit où je me sens capable d'exister : un terrain de paintball.

Ce n'est pas tant ce que ça représente : victoire, combat, défaite, douleur, joie. Non. C'est ici que je suis en confiance, c'est là qu'il n'y a qu'un règne : celui du coeur.

Quand le nom de votre équipe est appelé par tout ce qui peut être vocal sur une compétition, il n'y a rien de plus fort. Le silence me borde, je suis concentré, et pourtant bien loin de ce que mes pas foulent. Je marche comme un cosmonaute. Lorsque je mets mon masque, la confiance apparaît. Je n'existe plus dans un monde, j'évolue dans le mien.

Tout est sourd comme dans un ralenti hollywoodien. Je ne joue pas avec des identités, je joue avec des partenaires. Ils sont tout pour moi, autant que je suis un élément pour eux. Unis, solide. Mais c'est un détail au bonheur que je ressens. Celui d'être incroyablement seul, paradoxalement accompagné. Ils pourraient être cent, mille, que je serais seul... et heureux. Peu m'importe le regard de l'autre, car sur un terrain, il n'y a plus de place à la raison, seulement à la passion.

Je n'aime pas ce sport, il fait parti de moi. On ne peut pas me demander de choisir entre deux éléments dont il fait parti. Je me rends compte qu'il est bien plus important que tout ce qui m'entoure, que ce soit l'écriture ou toutes les choses que je peux faire pour me détendre. Ce sport me fait vivre car il me transporte dans ma bulle. Celle que seuls les passionnés peuvent comprendre. Cette bulle privée que personne n'entrave. Elle est fragile, mais je la défends corps et âme. Rentrer sur un terrain, c'est monter sur une scène pour certains, monter à cheval pour d'autres, écrire un poème, peindre un tableau, écouter de la musique, s'oublier devant un film... rentrer sur un terrain, c'est vivre en artiste, l'artiste de notre passion.

19 janvier 2008

Silence d'un retour

-Regarde maman, le monde tourne...
-Il ne s'arrêtra jamais de tourner...
-J'aimerais pourtant.